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Le blog pour Salah Hamouri

Vous avez dit Otage ?

27 Novembre 2008 , Rédigé par E.B. Publié dans #Actualité sur Salah Hamouri

Certes, le mot otage est à la mode, il est médiatiquement « attractif ». On emploie donc ce mot à tout propos. Un jour pour une grève dans les transports, le lendemain dans les colonnes d’un grand quotidien ou un militant socialiste estimait « les militants sont pris en otage par l’appareil du parti » ; et plus récemment encore, pour dénoncer abusivement l’action des associations de solidarité aux mal-logés comme l’a affirmé sur les ondes d’une radio le Haut commissaire aux Solidarités actives en déclarant : « elles prennent un peu en otage les personnes en difficulté ».

Pourtant le mot otage a un sens précis. Le simple fait de ne pas pouvoir mener une action spécifique n’est pas être pris en otage, exprimer une exigence en s’appuyant sur d’autres personnes que soi-même non plus. De même, quand le motif de l'enlèvement est apolitique et ne vise qu'à l'obtention d'une rançon, on parle d’enlèvement ou de rapt mais pas d’otage.

Otage s’est une personne innocente, retenue prisonnière, et dont la libération dépend d'une exigence à remplir par une tierce partie.

Salah a été condamné à sept ans de prison alors qu’il est n’a commis aucun acte délictueux. C’est donc un innocent retenu prisonnier. Le gouvernement israélien, en le condamnant par l’intermédiaire d’un Tribunal Militaire, même s’il n’a pas formulé clairement de demande à une tierce partie, pèse ainsi sur les négociations de paix. Pour preuve, est incluse dans la négociation de paix, au titre « d’échange », la libération de prisonniers. Son but politique est à l’évidence d’obtenir quelque chose de l’Autorité palestinienne. Cet objectif vise peut-être l’obtention d’un territoire plus grand au risque de faire échouer cette paix. Le cas de Salah Hamouri répond donc à la définition d’un otage comme l’affirme le Comité National de soutien.

La France ne peut donc pas demander à l’Autorité palestinienne d’inclure Salah Hamouri sur la liste des prisonniers à libérer. Si le gouvernement français persistait dans cette demande auprès de l’Autorité palestinienne ce serait participer aux côtés du gouvernement israélien au chantage exercé par cette prise d’otage. L’action du gouvernement français doit être, comme il le fait pour d’autres Français détenus dans le monde, une intervention diplomatique directe demandant la libération de Salah après des autorités israéliennes.



Poursuivre la réflexion sur l’utilisation dans la presse du mot otage, un article rédigé par un professeur de philosophie, Giorgione qui a notamment participé au Dictionnaire Sartre (éditions Honoré Champion 2005) :
http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2008/10/prendre-en-otag.html




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resistante-du-chaos 30/11/2008 10:05

oui, c'est sûr que les moutons adorent utiliser à tort ces mots forts pour des situations minables...
ces mêmes moutons ne vont jamais soutenir Salah Hamouri, faut pas faire du mal au peuple élu, et comme ils disent, Israël est un pays dé-mo-cra-tique bien mérité pour les pauvres juifs qui ont connu la Shoah. Pour eux, être antisioniste c'est déjà un crime.